C’est quoi être kabyle ?

 


Résumé — DigneDeFoi.info
Être kabyle ne se réduit ni à une origine, ni à une langue, ni à un folklore. C’est adhérer à un système ancestral de gouvernance fondé sur la raison, la laïcité, la responsabilité collective et la dignité humaine. Cet article clarifie ce que signifie être kabyle au sens politique et éthique.

C’est quoi être kabyle ?

Être kabyle n’est pas une affaire de sang, de généalogie ou de costume. Ce n’est pas non plus un marqueur identitaire figé ou une nostalgie folklorique. Être kabyle, au sens profond, c’est adhérer consciemment à un système de valeurs ancien, rationnel et universel.

Ce système ne repose ni sur le sacré, ni sur l’obéissance aveugle, mais sur l’organisation collective, la responsabilité et le respect de l’humain.

La souveraineté de la tajmaɛt

Être kabyle, c’est reconnaître la souveraineté de la tajmaɛt : une assemblée de village autonome, issue du peuple, indépendante de tout pouvoir central, religieux, militaire ou clanique.

La loi n’y descend pas d’en haut : elle est débattue, amendée et adoptée par la communauté elle-même.

La laïcité comme principe fondateur (jmaa n lɛiman)

Être kabyle, c’est adhérer à un principe clair : la gestion de la cité est séparée des croyances personnelles.

Les convictions relèvent de l’intime. La loi commune, elle, repose sur la raison, l’intérêt collectif et l’égalité entre les humains. Aucune croyance ne domine l’espace public.

Le respect des lois issues de l’assemblée

Être kabyle, c’est accepter que la loi commune, une fois adoptée, soit supérieure aux intérêts individuels, familiaux ou idéologiques.

La règle protège tous, précisément parce qu’elle ne favorise personne.

L’anaya : protection des personnes en détresse

Être kabyle, c’est pratiquer l’anaya : la protection de toute personne en danger, vulnérable ou persécutée.

Cette protection n’est conditionnée ni par l’origine, ni par la croyance, ni par l’appartenance. Elle est un devoir moral envers l’humain.

La dignité humaine comme ligne rouge

Être kabyle, c’est placer la dignité humaine au-dessus de tout : au-dessus de l’autorité, au-dessus de la tradition, au-dessus de la force.

L’arbitraire, l’humiliation, le mépris et la violence gratuite y sont considérés comme des atteintes graves à l’ordre social.

La parole, la raison et le débat

Être kabyle, c’est croire que les conflits se règlent par la parole, que l’argument prévaut sur la menace, et que la raison est supérieure à la peur.

On ne convainc pas par le sacré, on ne gouverne pas par la terreur.

Le refus de la soumission

Être kabyle, c’est refuser la soumission : ni à un homme providentiel, ni à un clergé, ni à un État oppressif.

L’autorité n’est légitime que si elle est contrôlée, limitée et révocable.

Responsabilité collective et tradition vivante

Être kabyle, c’est assumer une responsabilité collective : chacun est comptable de ses actes devant la communauté, et la communauté protège sans infantiliser.

La tradition n’est pas un dogme figé, mais un socle vivant : elle se transmet, s’adapte, se corrige.

Conclusion

En ce sens, on ne naît pas kabyle, on le devient.

Par l’adhésion consciente à ces principes, par la pratique quotidienne de la justice, de la laïcité et de la dignité humaine.

Commentaires

Messages les plus consultés de ce blogue

L'exploitation commerciale de la religion : une analyse coranique des dérives mercantiles

Avec quelles lunettes voyons-nous le monde ? – Une lecture coranique de l’épistémologie

Allahou Akbar « أللَه أكبر » : Une expression étrangère au Coran ?

Redécouvrir le Coran : un Livre vivant pour des cœurs vivants

#Prière versus Salat (صَلاة) (صَل)

📘 Le messager dans le Coran : l’homme ou le message ?

Pourquoi Allah ne répond-il pas aux prières des gens?

Hafṣ et Warsh : transmetteurs du Coran, exclus des hadiths ?

Retrouver l'Islam Authentique : Un Retour aux Sources Coraniques