Ils reconnaissent la vertu mais refusent la foi (ءمن سلم)

 


DigneDeFoi.info — Les islamistes admirent souvent des occidentaux pour leur intégrité morale et civique, puis leur refusent pourtant le statut de gens de foi et de muslim (au sens coranique), uniquement parce qu’ils ne récitent pas des formules identitaires. Cette inversion du sens transforme la foi en simple croyance ritualisée et aboutit à un jugement injuste, exactement le type de posture visé par le verset 2.11.

Foi (امن) et muslim (سلم) ne se réduisent pas à une croyance

Un message islamiste typique fonctionne comme une louange empoisonnée : il reconnaît la grandeur morale d’une personne (rigueur, civisme, sens du devoir), puis ajoute qu’« il ne lui manque que les deux attestations » pour « mériter le paradis ». Formellement, la phrase paraît positive. En réalité, dans la logique islamiste, elle signifie : « malgré ses qualités, le paradis lui est interdit tant qu’elle n’entre pas dans notre appartenance rituelle ».

Le piège logique : confondre croyance et foi

Le cœur de l’erreur est là : confondre la croyance (adhésion verbale, identité, slogan) avec la foi (état de fiabilité, de sécurité, de droiture et de cohérence).

  • Croyance : je répète une formule, j’affiche une appartenance, je me range dans un camp.
  • Foi (امن) : je suis fiable, sécuritaire, juste, digne de confiance dans mes actes et mes engagements.

Or les islamistes font exactement ceci : ils reconnaissent la vertu vécue (donc la foi au sens des actes) puis la neutralisent en décrétant qu’elle ne « compte » pas sans une formule identitaire. C’est une confiscation du jugement moral : on annule l’évidence de l’éthique au profit d’un badge.

Pourquoi ce message est une corruption (فسد) déguisée en réforme (صلح)

Ce type de posture n’est pas seulement une opinion : c’est une corruption du sens. Elle déforme la notion de foi, fabrique une supériorité imaginaire, et autorise ensuite des jugements définitifs sur le sort des gens. Le Coran vise précisément ce mécanisme : semer la corruption tout en se proclamant réformateur.

وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ لَا تُفْسِدُوا۟ فِى ٱلْأَرْضِ قَالُوٓا۟ إِنَّمَا نَحْنُ مُصْلِحُونَ
2.11 — Et lorsqu’on leur dit : « Ne semez pas la corruption sur la terre », ils répondent : « Nous ne faisons que réformer. »

Ce que le message sous-entend vraiment

Même si le post ne dit pas explicitement « awra » ou « déficiente », il sort d’un imaginaire où la valeur spirituelle d’un humain est conditionnée par une appartenance. Et dans ce même imaginaire, la femme (et plus largement le non-membre du groupe) est facilement ramenée à une valeur inférieure. Voilà pourquoi cette “louange” n’est pas neutre : elle garde l’admiration utile, mais maintient l’exclusion fondatrice.

Conclusion

Dire d’un humain intègre : « il ne lui manque que la formule pour mériter le paradis », ce n’est pas reconnaître la foi ; c’est la remplacer par une croyance. Et c’est précisément ainsi que l’on peut « corrompre » tout en prétendant « réformer ». La foi (امن) se prouve par la fiabilité et la justice ; elle ne se confisque pas par des slogans.



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