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Les “erreurs grammaticales” du Coran : fautes ou logique interne mal comprise ?

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DigneDeFoi.info — On voit circuler des listes prétendant prouver des “erreurs grammaticales” dans le Coran. Mais ces listes jugent le Codex avec une grammaire codifiée plus tard, comme si elle était l’étalon absolu. Et si, au contraire, ces “anomalies” signalaient une logique interne (accord au sens, focalisation, ellipse, insertion) que la grammaire tardive décrit mal ? Les “erreurs grammaticales” du Coran : fautes ou logique interne mal comprise ? Encadré méthodologique Cette analyse part d’un principe simple : le Codex coranique possède une logique interne cohérente, tandis que la grammaire arabe codifiée est postérieure et n’est pas forcément un juge neutre du texte. Une divergence entre “règle scolaire” et formulation coranique n’est donc pas automatiquement une faute : cela peut refléter une structure discursive (accord au sens, ellipse, mise en relief, alternance modèle/référent). 1) Avant de juger, identifier l’hypot...

Aberration 1 — 19.26 et le sawm figé en jeûne alimentaire

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DigneDeFoi.info — Catégorie : Aberration Le verset 19.26 est un test simple : il contient sa propre définition pratique de « صوم / sawm ». Le texte n’y parle pas d’abstinence alimentaire, mais d’une abstention de parole : « je ne parlerai aujourd’hui à aucun humain ». L’aberration apparaît quand on impose un sens ritualisé extérieur, puis qu’on fige d’autres mots (أكل / شرب / قلب) en sens purement concrets, créant une contradiction artificielle. Aberration 1 — 19.26 et le sawm figé en jeûne alimentaire 0. Cadre méthodologique Dans le projet Aberrations , on repère les incohérences qui naissent quand on lit le Coran avec un lexique ritualisé postérieur. La règle centrale est simple : la cohérence interne du texte prime (enchaînement, contexte, usage des racines). Quand un verset mentionne un terme puis en explicite immédiatement l’effet, cette définition interne doit guider la lecture. Note ...

Kun fayakūn et la capacité humaine à manifester

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  Résumé — DigneDeFoi.info Le Coran répète « كن فيكون » comme une loi d’exécution : quand Allah décide, l’ordre se réalise. L’humain, lui, reçoit un rūḥ (principe d’animation / architecture consciente) et un vrai pouvoir de choix, mais il agit à l’intérieur d’un système régi par des lois. Même lorsque l’humain “fait” quelque chose d’exceptionnel, le texte insiste : « بإذن الله » (dans un cadre autorisé). La transformation du réel n’est donc pas une “incantation mentale”, mais une trajectoire : intention → action → résultat selon la Loi. Kun fayakūn et la capacité humaine à manifester Note méthodologique Cette analyse s’appuie uniquement sur le texte coranique et sur une lecture rationnelle du contexte et des structures. On évite les récits postérieurs et les autorités externes. Les références de versets sont données au format alfamous (ex. 2.117). 1) « كن فيكون » : un mécanisme d’exécution, pas une formule magique Le motif est constant :...

هل القرآن ناقص؟ جواب على خطاب سلفي

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  DigneDeFoi.info — Résumé Le débat sur la “sunnah” cache une question plus profonde : le Coran serait-il incomplet ? Cet article examine méthodiquement les arguments affirmant que le Coran ne serait pas suffisant par lui-même. À partir du texte coranique seul, nous analysons les notions de تبيان، بيان، حكمة، حفظ, ainsi que la structure répétitive “يسألونك… قل” qui montre que toutes les réponses normatives renvoient au discours révélé lui-même. هل القرآن ناقص؟ جواب على خطاب سلفي أنتم تجعلون أصل المسألة دفاعًا عن السنة، بينما جوهر الخلاف أبسط من ذلك: هل القرآن كافٍ بذاته أم لا؟ كل أسئلتكم تنطلق من فرضية غير معلنة أن كتاب الله لا يمكن فهمه ولا تطبيقه دون مصدر موازٍ. لكن القرآن يصف نفسه بأنه تبيان لكل شيء، مفصل، هدى ونور، غير ذي عوج، وأحسن الحديث. فإما أن نصدق شهادة القرآن لنفسه، أو نفترض أن الله أنزل كتابًا ناقصًا يحتاج إلى ملحق تشريعي خارجه. تسألون: من نقل إليك القرآن؟ القرآن يجيب: ﴿إنا نحن نزلنا الذكر وإنا له لحافظون﴾. الحفظ نُسب إلى الله مباشرة، لا إلى ثقة مشروطة بسلسلة رواة...

Lettre ouverte aux islamistes : être “أنصار الله” n’est pas devenir gardiens d’une religion

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  DigneDeFoi.info Lettre ouverte aux islamistes : le Coran demande d’être “أنصار الله” — soutenir la vérité, la justice et la conscience — pas de réduire Dieu à un lieu, la foi à des rituels, et le Livre à un monopole de sectes. Pourquoi le texte répète-t-il “Ne raisonnez-vous donc pas ?” alors que certains interdisent de réfléchir ? Lettre ouverte aux islamistes : être “أنصار الله” n’est pas devenir gardiens d’une religion Vous vous présentez comme les défenseurs de Dieu et les gardiens de “la vraie religion”. Or le Coran emploie bien l’idée de soutien : il appelle certains à être أنصار الله . Mais ce “soutien” n’est pas l’attitude d’une caste qui confisque le Livre, fabrique des rituels, puis menace ceux qui réfléchissent. 1. Le verset phare : 2.13 ﴿وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ آمِنُوا كَمَا آمَنَ النَّاسُ قَالُوا أَنُؤْمِنُ كَمَا آمَنَ السُّفَهَاءُ ۗ أَلَا إِنَّهُمْ هُمُ السُّفَهَاءُ وَلَٰكِن لَّا يَعْلَمُونَ﴾ (2.13) Le texte décrit un réflexe : quand on appelle à u...

Si la majorité n’est pas une preuve, que vaut l’ijmāʿ ?

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  DigneDeFoi.info Dans l’article précédent, nous avons montré que le texte met en garde contre la confiance aveugle dans « la plupart » (أكثرهم) : la majorité suit souvent des suppositions et refuse l’effort de compréhension. Ici, on applique ce principe à un argument théologique courant : « ce hadith est vrai car il est accepté à l’unanimité des théologiens (ijmāʿ) ». Si le nombre n’est pas un critère de vérité dans le codex, pourquoi le deviendrait-il dans un système d’autorités humaines ? Si la majorité n’est pas une preuve, que vaut l’ijmāʿ ? Réponse rationnelle interne au texte : le nombre n’établit pas la vérité 0. Point de départ : ce que nous avons établi dans l’article précédent L’article précédent a mis en évidence un motif récurrent : « أكثرهم » (la plupart). Le texte répète que la majorité : ne raisonne pas (لا يعقلون) ne sait pas (لا يعلمون) n...

Pourquoi « la plupart » ne comprennent-ils pas le discours ?

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  DigneDeFoi.info Le texte pose une question directe : « Qu’ont donc ces gens à ne presque rien comprendre au discours ? » (4.78). La réponse est disséminée partout ailleurs : « la plupart » ne raisonnent pas, ne savent pas, suivent des suppositions et refusent l’effort de compréhension. La vérité ne se mesure donc pas au nombre, mais à la cohérence et à l’examen rationnel. Pourquoi « la plupart » ne comprennent-ils pas le discours ? Analyse structurelle du motif récurrent « أكثرهم » 1. La question posée explicitement 4.78 فَمَالِ هَـٰٓؤُلَآءِ ٱلْقَوْمِ لَا يَكَادُونَ يَفْقَهُونَ حَدِيثًا Qu’ont donc ces gens à ne presque rien comprendre au discours ? Le contexte montre un mécanisme psychologique simple : Quand un bien les touche : « cela vient de Dieu » Quand un mal les touche : « cela vient de toi » ...