Comment le Coran combat l’islamisme

 


Résumé — DigneDeFoi.info
L’islamisme prétend défendre le Coran, mais il fait souvent l’inverse : il remplace la réflexion par l’obéissance aveugle, puis couvre des vérités coraniques par des rites, des habits identitaires, des récits humains et une violence idéologique. Le Coran distingue trois degrés : l’ignorance (جهل) qui se soigne par l’apprentissage, la déficience d’esprit critique (سفه) qui rend manipulable, et la dissimulation volontaire (كتم) qui correspond au recouvrement de la vérité (كفر). Comprendre ces degrés révèle que l’islamisme est combattu de l’intérieur par le Coran lui-même : il n’a pas besoin de défenseurs armés, il a besoin d’humains qui pensent, vérifient, témoignent et rendent justice.

Islamisme: le Coran le combat de l’intérieur (سفه) (جهل) (كتم) (كفر)

DigneDeFoi.info — Article d’analyse rationnelle et contextuelle, fondé sur le texte coranique.

Beaucoup d’humains sincères pensent que l’islamisme serait une “forme stricte” de religion, ou une simple “erreur d’interprétation”. En réalité, le Coran fournit déjà les outils pour diagnostiquer ce phénomène : il distingue des degrés de responsabilité. Cette distinction est capitale, car elle permet de comprendre pourquoi la grande masse est souvent victime d’un discours, tandis que les cadres idéologiques portent une responsabilité bien plus lourde.

Nous allons établir une grille simple à partir de quatre racines coraniques : (سفه), (جهل), (كتم), (كفر), puis l’appliquer à des exemples concrets (ṣalāt gestuelle, voile, “jihād” violent, hadiths sacralisés, etc.) afin de montrer, de façon lisible, comment le Coran combat l’islamisme.


1) Le noyau coranique de (سفه) : déficience par abdication de l’intellect

À travers ses occurrences, (سفه) renvoie surtout à une défaillance fonctionnelle : l’intellect existe, mais il n’est pas mobilisé (pas de vérification, pas d’argument, pas de recherche). Le “safīh” n’est pas forcément menteur ; il est souvent manipulable parce qu’il ne pense pas ou ne veut pas penser.

وَمَن يَرْغَبُ عَن مِّلَّةِ إِبْرَاهِيمَ إِلَّا مَن سَفِهَ نَفْسَهُۥ
2.130 — « Et qui se détourne de la voie d’Ibrâhîm, sinon celui qui a rendu sa propre personne “safīha” ? »

Remarque décisive : “سفه نفسه” indique un acte ou un processus : la personne fait devenir son esprit déficient (en renonçant à la réflexion, à la discussion, à la recherche). Ce n’est pas seulement une étiquette : c’est une attitude.

وَلَا تُؤْتُوا السُّفَهَاءَ أَمْوَالَكُمُ الَّتِي جَعَلَ اللَّهُ لَكُمْ قِيَامًا وَارْزُقُوهُمْ فِيهَا وَاكْسُوهُمْ وَقُولُوا لَهُمْ قَوْلًا مَّعْرُوفًا
4.5 — « Ne remettez pas aux “sufahā’” vos biens que Dieu a établis pour votre stabilité ; pourvoyez à leurs besoins à partir de ces biens, habillez-les, et adressez-leur une parole convenable. »

Ici, le Coran parle d’une incapacité de gestion : le “safīh” ne sait pas administrer correctement. Et le texte impose une règle éthique : ne pas humilier (« قولًا معروفًا »). Le safīh est protégé, pas méprisé.

وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ آمِنُوا كَمَا آمَنَ النَّاسُ قَالُوا أَنُؤْمِنُ كَمَا آمَنَ السُّفَهَاءُ ۗ أَلَا إِنَّهُمْ هُمُ السُّفَهَاءُ وَلَٰكِن لَّا يَعْلَمُونَ
2.13 — « Quand on leur dit : “Ayez la foi comme les gens ont eu la foi”, ils disent : “Aurions-nous la foi comme les sufahā’ ?” Eh bien, ce sont eux les sufahā’, mais ils ne savent pas. »

Le mécanisme est universel : ceux qui n’emploient pas l’intellect accusent les autres de naïveté. Le Coran retourne l’accusation : le “safīh” peut se croire intelligent, précisément parce qu’il ne sait pas diagnostiquer sa propre déficience.


2) Grille des degrés: (جهل) (سفه) (كتم) (كفر)

Pour comprendre la responsabilité, le Coran distingue des états et des actes. Sans cette grille, on excuse tout, ou on condamne tout, ce qui est injuste.

  • (جهل) : je ne sais pas. C’est un manque de connaissance ou une immaturité cognitive. Cela se soigne par l’apprentissage, l’explication, la patience.
  • (سفه) : je ne pense pas. L’intellect est disponible mais non activé (pas de vérification, pas de discussion, pas de recherche). Cela rend manipulable.
  • (كتم) : je sais, puis je cache. C’est un acte intentionnel de dissimulation de la vérité (taire, recouvrir, détourner sciemment).
  • (كفر) : je recouvre la vérité. Ce n’est pas une simple “absence de croyance” : c’est la logique du voile posé sur ce qui est vrai. Quand la dissimulation devient un système, on est dans un “kufr” structurel.

On peut résumer en une phrase : (جهل) n’a pas encore vu, (سفه) refuse de vérifier, (كتم) sait et cache, et (كفر) installe le recouvrement comme position durable.


3) Application: pourquoi l’islamisme relève majoritairement de (كتم) menant au (كفر), plus que de (سفه)

Il faut distinguer deux réalités : la masse (souvent victime) et les cadres idéologiques (souvent architectes).

3.1 La grande masse: souvent (جهل) ou (سفه)

Beaucoup suivent par héritage, peur, pression sociale ou répétition. Cela correspond souvent à : (جهل) (ils ne savent pas, n’ont pas accès à l’outil), ou (سفه) (ils n’exercent pas la vérification). Le Coran, lui, ne les humilie pas : il appelle à l’éveil, à la preuve, au témoignage et à la justice.

3.2 Les islamistes structurés: (كتم) puis (كفر)

L’islamisme contemporain n’est pas une simple “erreur” spontanée. C’est une ingénierie de discours : sélection, hiérarchisation, slogans identitaires, culpabilisation, et surtout neutralisation de l’esprit critique. Cela suppose un acte : cacher ce qui contredit la domination. C’est typiquement (كتم).

Quand ce recouvrement devient un système (rites identitaires imposés, contrôle du corps, sacralisation de récits humains, violence idéologique), on passe à une position durable de (كفر) au sens coranique : recouvrir la vérité.


4) Exemples concrets: comment (كتم) recouvre le message coranique

Les exemples suivants ne visent pas la sincérité d’un individu isolé. Ils visent un système : ce qui, dans l’islamisme, transforme un message d’éthique et de justice en outil d’identité, de contrôle et de domination.

4.1 La “ṣalāt gestuelle” imposée comme marqueur identitaire

Dans l’islamisme, la ṣalāt devient souvent un test social : “tu fais les gestes = tu es des nôtres”. Or, le Coran lie la ṣalāt à la conscience, à la rectitude, au rappel, à la justice et à l’engagement. Il ne fournit pas un manuel universel de gymnastique rituelle pour remplacer l’éthique.

Quand un système remplace la finalité (justice, témoignage, rectitude) par un rite identitaire obligatoire et en fait la condition suprême de salut, il ne s’agit pas d’un simple (سفه) : c’est un (كتم) du sens, qui finit par (كفر) fonctionnel : le rite recouvre le message.

4.2 Le voile comme pilier politique et instrument de contrôle

L’islamisme transforme un vêtement en frontière morale : respect / non-respect, pureté / impureté, foi / absence de foi. Le Coran, lui, met au centre la responsabilité, la justice, la dignité, la protection sociale et l’éthique du regard.

Quand le vêtement devient un dogme universel servant à sexualiser, hiérarchiser et contrôler, on n’est plus dans la naïveté : on est dans (كتم) (on cache la finalité), puis dans (كفر) (on recouvre la justice par un symbole).

4.3 Le “jihād” violent: isoler des fragments pour justifier l’injustifiable

L’islamisme construit un imaginaire violent en isolant des fragments et en effaçant l’architecture globale du Coran : libre arbitre, discussion, justice, témoignage, et refus de l’oppression.

C’est précisément ici que la dissimulation devient la plus visible : on cache les principes pour mettre en avant une image. Cette stratégie relève de (كتم). Et lorsque la violence devient idéologie, on bascule dans un (كفر) manifeste : le sang recouvre la vérité.

4.4 La sacralisation des “hadiths”: substituer une autorité humaine au texte

L’islamisme (comme le traditionalisme en général) sacralise des récits humains et fait ensuite du Coran un texte “secondaire” qu’on interprète à travers cette autorité parallèle.

Or, ériger un corpus humain comme norme suprême revient à recouvrir le message principal. Cette logique est exactement ce que désigne (كفر) dans son sens fonctionnel : couvrir/voiler ce qui est vrai. Et l’acte qui installe ce voile est (كتم) : on cache la primauté du texte en imposant un filtre.

4.5 Les “piliers” comme contrôle: quand l’identité remplace la foi

Un marqueur typique de l’islamisme est de réduire la “foi” à des signes : formules, rites, appartenance. Le Coran, lui, associe la foi à la fiabilité, à la justice, au témoignage et à l’éthique.

Là encore, la grande masse peut être dans (سفه) (répéter sans vérifier), mais l’appareil idéologique est dans (كتم) : il sait que l’éthique est centrale, mais il la remplace par un contrôle identitaire.


5) Le Coran combat l’islamisme: deux rappels structurants

L’islamisme prospère quand l’humain cesse de témoigner, cesse de vérifier, cesse de rendre justice. Le Coran, au contraire, place la justice et le témoignage au cœur.

يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ كُونُوا۟ قَوَّٰمِينَ بِٱلْقِسْطِ شُهَدَآءَ لِلَّهِ وَلَوْ عَلَىٰٓ أَنفُسِكُمْ
4.135 — « Ô vous qui avez la foi, soyez fermes dans la justice, témoins pour Dieu, même contre vous-mêmes… »

Ce principe détruit le cœur de l’islamisme : le clan, le slogan, le “nous contre eux”. Le texte ordonne : justice et témoignage, même si cela dérange notre propre camp.

وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ لَا تُفْسِدُوا۟ فِى ٱلْأَرْضِ قَالُوٓا۟ إِنَّمَا نَحْنُ مُصْلِحُونَ
2.11 — « Quand on leur dit : “Ne semez pas la corruption sur terre”, ils disent : “Nous ne faisons que réformer.” »

C’est exactement le langage des idéologies de domination : elles se présentent comme “réforme”, “pureté”, “retour au vrai”, alors qu’elles produisent l’injustice, la peur, la censure et le recouvrement.


6) Synthèse grand public: qui est responsable, et comment s’en sortir

Cette grille rend le débat enfin juste :

  • (جهل) : l’humain ne sait pas encore → on enseigne, on clarifie, on ouvre l’accès au texte.
  • (سفه) : l’humain n’exerce pas son esprit critique → on réveille, on apprend à vérifier, on réhabilite l’argument.
  • (كتم) : l’humain sait et dissimule → responsabilité lourde : il protège un système de domination.
  • (كفر) : la dissimulation devient un régime → la vérité est recouverte par des rites, des symboles, des récits humains et parfois la violence.

Ainsi, la grande masse est souvent victime de (جهل) et de (سفه). Mais l’islamisme structuré relève surtout de (كتم), et quand ce recouvrement s’installe, on est dans une logique de (كفر) (voile posé sur la vérité).

La conclusion est simple et libératrice : le Coran combat l’islamisme de l’intérieur, parce qu’il met l’éthique avant l’identité, la justice avant le clan, la preuve avant le slogan, et le témoignage avant la peur.

Phrase centrale à retenir :
L’islamisme n’est pas défendu par le Coran : il est dénoncé par le Coran, parce qu’il remplace la justice et la réflexion par un recouvrement organisé.
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