Le témoignage selon le Coran : dire la vérité même contre soi-même

 

Pourquoi tant de crimes restent-ils tus, minimisés ou niés dans les sociétés islamistes, alors que le Coran ordonne explicitement de témoigner pour la justice, même contre soi-même et ses proches ?


Un principe coranique clair et radical

Le Coran pose un principe sans équivoque dans le verset 4.135 :

4.135
يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ كُونُوا۟ قَوَّٰمِينَ بِٱلْقِسْطِ شُهَدَآءَ لِلَّهِ وَلَوْ عَلَىٰٓ أَنفُسِكُمْ أَوِ ٱلْوَٰلِدَيْنِ وَٱلْأَقْرَبِينَ إِن يَكُنْ غَنِيًّا أَوْ فَقِيرًا فَٱللَّهُ أَوْلَىٰبِهِمَا فَلَا تَتَّبِعُوا۟ ٱلْهَوَىٰٓ أَن تَعْدِلُوا۟ وَإِن تَلْوُۥٓا۟ أَوْ تُعْرِضُوا۟ فَإِنَّ ٱللَّهَ كَانَ بِمَا تَعْمَلُونَ خَبِيرًا

Ce verset établit une hiérarchie nette :

  • la justice avant l’intérêt personnel,
  • la vérité avant la famille,
  • le témoignage avant la réputation.

Aucune exception culturelle, tribale ou religieuse n’est mentionnée.


شهد (sh-h-d) : témoigner, pas réciter

La racine شهد signifie, dans le Coran :

  • être présent,
  • voir de ses propres yeux,
  • attester consciemment de ce que l’on sait vrai.

Le témoignage n’est pas un slogan, ni une formule rituelle. C’est un acte moral engageant, qui implique responsabilité et courage.


La déviation islamiste : du témoignage à l’appartenance

Dans l’islamisme, la « chahada » a été réduite à :

  • une déclaration d’identité,
  • un marqueur d’appartenance au groupe,
  • un outil de distinction entre « nous » et « eux ».

Elle a perdu sa fonction centrale : dire la vérité, coûte que coûte.

Ainsi, témoigner contre soi-même, un parent ou un notable devient une faute sociale, parfois même une trahison.


Quand le groupe passe avant la justice

Le Coran exige une justice universelle :

  • contre soi-même,
  • contre les parents,
  • contre les proches,
  • qu’ils soient riches ou pauvres.

L’islamisme, lui, pratique une justice sélective : indulgente pour « les siens », silencieuse face aux crimes internes, implacable envers les autres.

Ce fonctionnement est en contradiction directe avec le texte.


Le rôle central du « الهوى » (la passion)

Le verset 4.135 avertit explicitement :

« Ne suivez pas la passion (الهوى) au détriment de la justice »

La passion, ici, n’est pas seulement individuelle. Elle est :

  • familiale (préserver l’honneur),
  • sociale (éviter le scandale),
  • idéologique (protéger le système).

Le silence devient alors un choix, non une ignorance.


Conclusion

Le Coran place le témoignage au cœur de la foi vécue. L’islamisme, lui, place la survie du groupe au-dessus de la vérité.

Ce n’est pas le Coran qui produit le silence. C’est l’abandon du Coran au profit de l’idéologie.

C’est à partir de cette trahison du témoignage que naissent l’impunité, le déni et la répétition des crimes — sujets que nous aborderons dans l’article suivant.

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