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Je suis Algérien et fier : anatomie d’une fierté fabriquée

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Dire « je suis Algérien et fier » est devenu une formule automatique, répétée comme un réflexe. Mais de quelle fierté parle-t-on exactement ? Est-ce une fierté fondée sur la dignité, les droits, la justice et la citoyenneté ? Ou bien une fierté symbolique, apprise, conditionnée, servant à masquer une réalité beaucoup plus douloureuse ? Quand la fierté remplace la dignité Dans un pays où une grande partie de la population vit sous pression économique constante, où l’accès au logement, à la santé, au travail et à la justice est profondément inégal, la fierté nationale devient souvent une compensation psychologique. Lorsque l’État ne garantit plus la dignité, il reste à l’humain une dernière richesse non confisquable : l’appartenance symbolique. Se dire « fier » devient alors une manière de ne pas s’effondrer intérieurement, de donner un sens à une situation objectivement injuste, et parfois de préserver une image de soi mise à mal par la réalité. Le mécanisme du conditionn...

Une idée dangereuse est souvent une idée juste

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Du ridicule à l’évidence le destin des idées qui dérangent L’histoire humaine révèle une constante frappante : lorsqu’une idée nouvelle surgit, surtout lorsqu’elle remet en cause un ordre établi, elle traverse presque toujours la même trajectoire. Elle est d’abord tournée en ridicule, puis perçue comme dangereuse et combattue, avant d’être finalement admise, parfois même considérée comme évidente. Ce schéma se vérifie de manière exemplaire dans l’histoire des messagers, mais aussi dans celle des penseurs et réformateurs qui ont bouleversé les certitudes de leur époque. 1. Le cas emblématique de Mohammed Lorsque Mohammed commence à transmettre son message, la réaction de son environnement est immédiate et révélatrice. On ne discute pas d’abord le fond de son discours : on le disqualifie. Il est qualifié de sāḥir (ساحر) — illusionniste, manipulateur —, de menteur, de poète exalté ou d...

Attester sans avoir vu est un faux témoignage

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Parmi les formules religieuses répétées mécaniquement, il y a celle qui prétend faire de chaque humain un témoin de l’envoi d’un messager. Or, le Coran impose une règle simple, rationnelle et vérifiable : on ne témoigne que de ce qu’on a vu, constaté ou vécu . Témoigner de l’invisible, c’est sortir du cadre de شهد et basculer vers le faux témoignage . 1) Sens coranique stable de شهد La racine ش هـ د (ch-h-d) couvre un champ cohérent : être présent , voir , constater , puis rendre témoignage sur la base de ce constat. Dans le Coran, la “shahāda” n’est pas un slogan : c’est un acte engageant, lié à une observation réelle. Exemples coraniques (présence / constat) أَمْ كُنتُمْ شُهَدَاءَ إِذْ حَضَرَ يَعْقُوبَ الْمَوْتُ 2.133 — « Étiez-vous témoins lorsque Jacob fut présent à la mort ? » وَمَا كُنتَ بِ...

Se croire guidé n est pas etre guide-racine هدي

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L’expression coranique « يَهْدِي مَن يَشَاءُ » est presque toujours traduite par : « Dieu guide qui Il veut » . Cette traduction, devenue dogmatique, introduit un faux paradoxe majeur : si Dieu choisit arbitrairement qui guider, alors la liberté de choix de l’humain disparaît. Or, ce paradoxe n’existe pas dans le texte coranique . Il est le produit d’une lecture autoritaire, étrangère à la logique interne du Coran. 1. La racine هدي ne signifie pas contraindre L’analyse transversale des versets contenant la racine ه د ي montre une constante : elle ne signifie jamais forcer, convertir ou manipuler intérieurement. Son sens fondamental est : offrir un repère rendre une direction visible mettre à disposition une voie donner un cadre permettant de s’orienter Le هُدى est donc un don structurant . Comme une carte ou une boussole, il ne marche pas à la place de l’humain. 2. « يَهْدِي مَن يَشَاءُ » un faux paradoxe linguistique L’expression « يَهْدِي مَ...

Comment repondre au pourquoi de mon enfant?

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Comment une simple question peut changer une vie: u n prof au secondaire m’a appris en deux heures ce que l’école oublie souvent. Se questionner : l’acte fondateur de l’humanité Se questionner, questionner le monde, interroger le sens des choses : voilà sans doute l’acte le plus fondamental de l’être humain. Ce n’est pas tant le fait d’avoir des réponses qui nous définit, mais la manière dont nous cherchons à y répondre . Cette manière façonne notre personnalité, notre rapport aux autres et, surtout, notre avenir. Une boussole d’antagonismes Selon la posture adoptée face aux questions, nous tendons vers des profils opposés : acteur ou spectateur , leader ou suiveur , esprit libre ou esprit soumis , citoyen responsable ou exécutant docile , chercheur de vérité ou consommateur d’opinions , créateur ou imitateur , lucide ou manipulable , courageux face à l’incertitude ou fuyant le doute , bienveillant par compréhension...

Islam, islamisme et arabisation : la confusion qui sert la domination

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2025-12-20 Dans le débat kabyle, il est courant d’entendre que « l’islam a perverti l’identité » en imposant une « arabité sacralisée » et une culture importée de chez les Bédouins d’Arabie. Cette accusation, répétée depuis des décennies, repose pourtant sur une confusion majeure : l’islam (au sens du texte coranique) n’est pas équivalent à l’islamisme politique , et encore moins à un programme d’uniformisation culturelle. Cette confusion n’est pas neutre : elle a longtemps permis au pouvoir de déplacer la responsabilité. Au lieu de reconnaître un projet d’État (langue, école, administration, médias), on a laissé croire que le responsable était « l’islam » — autrement dit, un principe spirituel présenté comme une force historique fatalement destructrice. 1) Islam ≠ islamisme politique L’islamisme politique est une idéologie de pouvoir : il utilise le religieux comme langage d...